Quelle tisane boire pendant la grossesse ? Le guide d’une herboriste pour choisir sans peur
Tu es enceinte, tu as envie de prendre soin de toi avec des plantes, et tu te retrouves coincée entre :
- les articles qui te disent : « tout est dangereux, n’y touche pas » ;
- et les posts qui affirment : « c’est naturel, donc c’est safe ».
Et toi, tu es au milieu, avec ton corps qui change, ton bébé qui pousse, et cette question très simple et très légitime :
« Est‑ce que je peux boire des tisanes pendant la grossesse en confiance, ou est‑ce que je fais n’importe quoi ? »
Je vais te répondre depuis ma place d’herboriste et d’accompagnante en périnatalité, avec une posture claire :
- oui, les tisanes peuvent être des alliées pendant la grossesse ;
- non, on ne peut pas boire n’importe quoi, n’importe comment ;
- et surtout, tu as le droit à une information nuancée, pas infantilisante.
Ce texte ne remplace pas un avis médical.
Il te donne des repères pour rester actrice de tes choix, tout en gardant le médical comme allié et filet de sécurité.
Pourquoi on ne peut pas balayer les tisanes de grossesse d’un revers de main
En France, l’accès à la phytothérapie est très encadré. C’est même une situation plutôt exceptionnelle et très restrictive comparé aux autres pays qui nous entourent. Ce qui fait qu’il y a une posture de méfiance d’emblée concernant toutes les plantes médicinales.
Aussi, les études sur les femmes enceintes sont rares (et heureusement, on ne fait pas n’importe quels essais cliniques sur des femmes enceintes “pour voir”).
Du coup, la réponse la plus simple devient souvent :
« On ne sait pas, donc on interdit tout. »
À l’autre extrême, on trouve :
« C’est naturel, donc ça ne peut pas faire de mal. »
Les deux positions me posent problème.
- Interdire en bloc, c’est retirer aux femmes l’accès à des savoirs qui existent depuis des générations.
- Tout permettre “parce que c’est végétal”, c’est nier la puissance des plantes et le fait qu’elles peuvent, oui, parfois faire du mal.
Je crois que tu as droit à autre chose :
une vision qui parle à la fois de science, de tradition, de politique et d’autonomie.
C’est ce que je développe en détail dans mon ebook / formation “Les Plantes de la Grossesse” : une revue des plantes possibles, des plantes à éviter, et toutes les zones grises… sans te dire quoi faire, mais en te donnant des outils pour décider.
Ma posture : prudence active, pas panique généralisée
Après des années de formations (École de Soins Naturels de Genève, module apothicaire à Quantik Doula, lectures d’Aviva Romm, Formation avec Christophe Bernard, Wikiphyto, etc.), j’ai choisi une ligne claire :
- Au premier trimestre, on évite autant que possible les plantes médicinales, sauf indication médicale ou situation discutée avec un·e pro. Le corps est en plein travail et la grossesse est précieuse et fragile à ce stade. On laisse le bébé s’installer.
- Ensuite, on réserve les tisanes de grossesse à :
- des maux “légers” (nausées modérées, digestion lourde, petit sommeil haché, nervosité, jambes lourdes…)
- des plantes considérées comme sûres, à des doses raisonnables.
Et surtout, on suit une hiérarchie simple :
- Ne rien faire, laisser le corps travailler quand c’est supportable.
- Commencer par l’hygiène de vie : alimentation, hydratation, mouvement doux, respiration, repos.
- Ensuite seulement, utiliser une tisane de grossesse douce, en petite quantité.
- Et si ça ne suffit pas → en parler avec une sage‑femme, un·e médecin, un·e herbaliste formé·e, et ajuster. Chaque étape demande que l’on considère le bénéfice-risque pour chaque situation et chaque solution.
La grossesse n’est pas un terrain de jeu pour tester toutes les plantes du jardin.
Mais ce n’est pas non plus une zone blanche où tu n’aurais droit à rien.
Qu’est‑ce qu’une tisane de grossesse “sûre” pour moi ?
Dans ma formation, je ne parle que des plantes :
- avec un long recul d’usage pendant la grossesse,
- ou considérées comme très sûres dans les ouvrages sérieux,
- utilisées en tisane douce (pas en huiles essentielles, pas en extraits concentrés).
Parmi ces plantes‑alliées, on trouve par exemple :
- Mélisse : pour apaiser la nervosité, le mental qui tourne en boucle.
- Camomille matricaire : pour le confort digestif et une détente globale.
- Menthe verte : digestive et fraîche, plus douce que la menthe poivrée.
- Ortie : grande plante nutritive, riche en minéraux, surtout intéressante après le premier trimestre.
- Framboisier : plutôt à partir du 2ᵉ trimestre, quand on souhaite préparer doucement le corps à l’accouchement.
- Tilleul, pétales de rose, plantain : pour accompagner en douceur le sommeil, la digestion, le système nerveux.
Est‑ce que cela veut dire que tu dois les utiliser ?
Non.
Cela veut dire qu’elles font partie des possibilités, si :
- tu es bien suivie,
- tu respectes les doses,
- et tu sais pourquoi tu les prends.
Comment reconnaître une bonne tisane de grossesse ? (Et pourquoi ça ne se trouve pas en sachet anonyme)
Admettons que tu veuilles vraiment une tisane pour la grossesse.
Comment faire la différence entre un vrai soutien et un sachet “greenwashing” formulé à la va‑vite ?
a) Le test visuel : feuille ou poussière ?
Ouvre le sachet. Regarde.
- Est‑ce que tu vois des feuilles entières, des fleurs reconnaissables, des morceaux de plante ?
- Ou est‑ce que tu vois surtout une poussière grisâtre, avec des brisures minuscules et beaucoup de tiges ?
Dans les filières industrielles, pour aller vite et faire du volume, on passe tout au hache‑paille :
- feuilles, fleurs et tiges sont broyées ensemble,
- la plante s’oxyde très vite,
- les principes actifs et les arômes s’envolent,
- tu te retrouves avec une eau chaude qui sent vaguement la paille. C’est pour ça qu’ils ajoutent bien souvent des arômes ou des huiles essentielles, regarde bien la composition.
Une bonne tisane de grossesse doit ressembler à quelque chose de vivant :
- une feuille de mélisse doit ressembler à une feuille,
- une fleur de camomille doit avoir encore son cœur jaune et ses pétales,
- les couleurs doivent être franches : verts, jaunes, bleus, roses,
- l’odeur doit être nette, pas “odeur de paille humide”.
Chez Douladilune :
- les plantes sont cueillies à la main dans notre jardin médicinal en Isère ou en cueillette sauvage soignée ;
- séchées doucement, entières, à basse température ;
- puis triées et coupées à la main (couteau, sécateur), jamais passées dans une broyeuse industrielle, ni au hache paille.
C’est aussi ça, la sécurité :
quand tu vois ce que tu bois, tu sais aussi que les producteurs ont tout trié à la main et qu’ils voient aussi quand une “mauvaise herbe” ou une plante indésirable se glisse dans le lot… et ils l’ont l’enlevée.
Dans les gros sacs anonymes, mélangés à la machine, cette vérification visuelle n’existe pas.
b) L’origine et les personnes derrière
Pose‑toi ces questions :
- Est‑ce que la marque te dit qui produit les plantes ?
- Est‑ce qu’on te parle de paysan·nes, de jardins, de séchoirs, ou juste “d’origine UE / non‑UE” ?
- Est‑ce que tu peux relier la tisane à des mains réelles, ou juste à un packaging ?
Une tisane de grossesse qui se contente de dire “100 % française” sans jamais citer un seul producteur, ça m’interroge. Elle pourrait très bien être uniquement assemblée en France et que toutes les plantes proviennent d’on ne sais où…
Chez nous, tu sais exactement que :
- les plantes viennent de notre jardin ou de nos cueillettes,
- ou de quelques partenaires que nous connaissons personnellement pour la lavande et la camomille matricaire, par exemple,
- et qu’elles ont toutes été regardées, touchées, triées à la main avant d’arriver dans ton infuseur.
c) La transparence sur la grossesse / allaitement
Une vraie tisane pour la grossesse devrait indiquer clairement :
- à partir de quel trimestre elle est conseillée ou non ;
- si elle est compatible avec l’allaitement ;
- et quelles sont les contre‑indications de base (traitements, pathologies, allergies).
C’est ce que tu trouveras systématiquement sur les fiches produit Douladilune.
Les alliées sûres : Nos mélanges dédiés
Dans notre atelier en Isère, j’ai formulé des mélanges spécifiques qui respectent ces critères de sécurité (pas d’huiles essentielles, pas d’alcaloïdes, pas de laxatifs stimulants).
Voici comment nous accompagnons les maux courants :
Pour les nausées et la digestion : L’Apaisante
Quand l’alimentation fractionnée ne suffit plus, la Mélisse, la Mauve ou la Camomille Matricaire sont des reines. Tu les retrouves dans L’Apaisante. C’est le mélange « doudou » du système digestif, à boire par petites gorgées.
Pour le sommeil et l’anxiété : L’Enveloppante
Enceinte, le système nerveux est à fleur de peau et les nuits peuvent être hachées. Sans utiliser de plantes sédatives fortes (interdites), on peut apaiser l’orage avec le Tilleul ou la Passiflore. C’est le secret de L’Enveloppante.
Pour l’immunité (Hiver & fatigue) : La Soutenante
La grossesse sollicite beaucoup ton système immunitaire. Pour traverser l’hiver ou les périodes de fatigue sans tomber malade, La Soutenante accompagne tes défenses naturelles en douceur, sans stimuler le corps de manière excessive.
Pour préparer l’accouchement (Dès le 3ème trimestre) : La Créatrice
C’est le moment du Framboisier, réputé pour tonifier l’utérus en vue du jour J. Dans La Créatrice, nous l’avons marié à d’autres plantes pour préparer le bassin et le corps en douceur à l’intensité de l’enfantement.
Si tu veux aller plus loin : mon ebook / formation “Les Plantes de la Grossesse”
Cet article reste une porte d’entrée.
Si tu as envie :
- de comprendre plante par plante ce qu’on sait, ce qu’on ne sait pas, et pourquoi ;
- d’avoir des pistes concrètes pour les maux “légers” de la grossesse (nausées, constipation légère, reflux, insomnie, anxiété, jambes lourdes, etc.) ;
- d’entrer dans le détail des plantes à éviter, des doses, des formes (tisane, macérat, alimentation…) ;
- de pouvoir lire les étiquettes et les listes de plantes en sachant ce que tu fais,
j’ai rassemblé tout ça dans un ebook / formation “Les Plantes de la Grossesse”.
Tu y retrouveras :
- mes années de formation en naturopathie et phytothérapie,
- mes recherches spécifiques sur la périnatalité,
- une bibliographie solide (Aviva Romm, Christophe Bernard, Wikiphyto, études…),
- et surtout, une posture claire :
Je ne te donne pas des ordres, je te donne des outils.
Tu restes souveraine de tes choix, en lien avec tes soignant·es.
Ce n’est pas une ordonnance. C’est un guide d’émancipation.
Pour que tu saches quoi faire, quand le faire, et pourquoi le faire.
Parce que prendre soin de soi quand on donne la vie, c’est un acte politique.
Prends soin de toi, pour de vrai.
Thaïs
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