Tisane post-partum : se reminéraliser et se réchauffer après l’accouchement
On nous prépare beaucoup à l’accouchement, à l’intensité des vagues, à l’ouverture du col. Mais on nous parle si peu de l’après. De ce moment où, une fois le bébé et le placenta sortis, on se retrouve avec un corps qui semble avoir été traversé par la foudre. Une sensation de s’être fait rouler dessus par un train…
Karine de Quantik Mama le dit avec une justesse incroyable : accoucher, c’est accepter d’être fragmentée. On revient du vortex de la naissance en morceaux. Et vient ensuite le temps de les rassembler, lentement, pour tisser notre nouvelle identité de maman de cet enfant-là.
Quelques heures intenses, parfois violentes, parfois extatiques… et puis le vide intérieur et le plein d’un petit bout à aimer et à nourrir.
Physiologiquement et énergétiquement, l’accouchement est une perte immense de chaleur et de substance. Tu as perdu du sang, des liquides, une quantité phénoménale d’énergie, et un être humain entier est sorti de toi.
Il reste en toi du « vent » et du « froid ». Tu te sens peut-être vidée, poreuse, grelottante, avec l’impression d’avoir les os glacés même sous trois couvertures.
Pourtant, le monde extérieur, dans sa violence capitaliste habituelle, te demande de « rebondir ». De te lever, de recevoir des visites, d’être performante, de « retrouver ta ligne » et ta « vie de femme » rapidement.
Ici, chez Douladilune, on milite pour un autre monde.
On te propose de rester couchée et de coller ton bébé au maximum. De faire entrer le chaud. De laisser les plantes venir tisser les fils de ton corps dispersé.
Une tisane post-partum bien choisie n’est pas une boisson « détox » ou de perfomance pour te remettre sur pied le plus vite possible : c’est un outil de reconstruction, de première intention, pour ramener de la densité dans un corps qui a donné la vie.
Le grand vide : pourquoi ton corps a besoin de chaud (et pas de détox)
Dans toutes les traditions où l’on honore les mères, la règle est la même : le chaud pour remplir le vide.
Ton corps a puisé dans ses réserves profondes pour fabriquer un squelette, des organes, une vie. Après la naissance, tes réserves minérales sont à sec. C’est souvent là que la fatigue chronique s’installe, celle qui ne part pas juste avec une sieste.
Alors non, tu n’as pas besoin de drainer ou de maigrir. Tu as besoin de reminéraliser, de réchauffer et d’apaiser.
Tu as besoin de nourriture et de plantes nutritives qui envoient un message clair à tes cellules : « C’est bon, tu peux te déposer. On s’occupe de toi. »
Après l’accouchement, ton corps a besoin de chaleur, de minéraux… et d’horizontalité
On te répète souvent :
- “Bouge vite, tu récupéreras mieux”,
- “Ça va, t’as accouché, c’est bon maintenant”.
La réalité du post‑partum, c’est plutôt :
- un corps qui a vécu l’équivalent de plusieurs marathons et qui donne encore énormément s’il y a allaitement,
- des tissus étirés, compressés, parfois coupés ou recousus,
- un système nerveux en alerte maximale,
- un utérus qui travaille encore (tranchées) et un ventre mou qui a besoin de temps allongé pour ne pas nuire aux organes et au périnée,
- un sang qui a circulé vite, longtemps, et qui a quitté ton corps en bonne quantité.
Tu n’as pas seulement besoin d’un mug “Maman de l’année”.
Tu as besoin :
- de repos horizontal les premiers jours (vraiment allongée, pas “assise avec les invités”),
- de chaleur (dans la pièce, dans ce que tu bois et manges),
- de nourriture dense (bouillons, plats chauds, gras de qualité, protéines),
- de boissons chaudes (tisanes, laits d’or, soupes),
- et de gens qui portent la maison pour que tu n’aies qu’une priorité : toi et ton bébé.
On parle heureusement de plus en plus de ce “mois d’or” postnatal : si on laisse la mère se reposer, bien manger, se couvrir et rester collée à son bébé, elle récupère mieux, l’allaitement se met en place plus facilement, et elle peut tisser sa nouvelle identité de mère sans être fracassée.
Dans ce tableau, une tisane post‑partum n’est pas là pour “faire maigrir” ou “rentrer le ventre”.
Elle est là pour :
- accompagner la chaleur,
- ramener des minéraux,
- apaiser un peu ton système digestif et nerveux,
- te donner un point d’ancrage dans une journée où tout te dépasse.
Mon métier, ce n’est pas de te dire de “serrer les dents”.
C’est de t’offrir des outils concrets pour que ton corps souffre un peu moins pendant que tu traverses tout ça.
LA TISSERANDE – Tisane postnatale pour soutenir ton corps après la naissance
J’ai créé La Tisserande parce que je voyais trop de mères en miettes, cherchant des remèdes naturels après l’accouchement mais ne trouvant que des sachets industriels remplis de poussière de plantes sans vie.
Je ne voulais pas d’un mélange « fourre-tout ». J’ai choisi des plantes spécifiques, cultivées ou cueillies ici en Isère, pour ce travail de reliure :
- L’Ortie : la batterie de secours. C’est la base. Tu as perdu du sang ? L’ortie te rend le fer et les minéraux. Elle soutient la vitalité, renforce l’élimination rénale sans t’épuiser. C’est la plante de la terre, celle qui te remet debout.
- Le Basilic Sacré (Tulsi) : C’est une plante adaptogène majeure. Elle aide ton système nerveux à encaisser le choc du manque de sommeil, l’hypervigilance et la charge mentale de la « nouvelle vie ».
- Les Feuilles de Framboisier : L’alliée millénaire de l’utérus. Après avoir travaillé si dur, ton utérus doit involuer (reprendre sa taille). Le framboisier soutient ce travail tissulaire et le drainage de l’organisme.
- La Mauve : Parce que l’intérieur de ton corps est à vif, la Mauve apporte de la douceur, de l’hydratation, du « mou » là où c’est irrité.
- La Camomille Matricaire & la Mélisse : Pour apaiser le mental qui tourne en boucle, favoriser un sommeil (même haché) de meilleure qualité et calmer les inconforts digestifs.
- La Verveine Citronnelle : Pour diminuer l’agitation et l’irritabilité, parce que oui, on a le droit d’être à fleur de peau.
Ce n’est pas de la magie. C’est de la botanique précise au service des mères.
Découvrir La Tisserande – Tisane postnatale et reminéralisante
LA SOURCIÈRE – Tisane d’allaitement sans fenouil
L’autre grande tisane du post‑partum chez Douladilune, c’est La Sourcière :
une tisane d’allaitement sans fenouil, pour soutenir la lactation, la détente et la digestion de la mère qui allaite, tout en douceur pour elle et pour son bébé.
Elle contient :
- verveine citronnelle,
- ortie,
- mélisse,
- carvi,
- houblon.
Toutes les plantes sont cultivées, cueillies et séchées à la main ici au Jardin des Merveilles (sauf le carvi, que nous achetons en bio).
Pourquoi je l’ai formulée comme ça
Quand on tape “tisane allaitement” sur Google, on tombe sur des mélanges très chargés en fenouil ou anis, à boire en quantité industrielle.
Je ne crois pas aux tisanes “usines à lait” qu’on boit à 3 litres par jour en espérant qu’elles sauvent un allaitement non accompagné.
Ce qui fait le lait, ce sont surtout :
- un bébé bien au sein. Ce que je conseille toujours c’est d’être accompagnée par une consultante en lactation IBCLC. Elle saura dire si bébé est correctement positionné et si tout va bien dans sa succion,
- des mises au sein fréquentes, à la demande (c’est à dire dès les premiers signes que bébé cherche le sein),
- du repos,
- une mère qui boit régulièrement (eau, tisanes, bouillons), et qui est nourrie avec des aliments de qualité,
- un environnement qui ne la stresse pas à chaque tétée.
Je voulais donc une tisane qui :
- soutienne la lactation,
- apaise les ventres noués (celui de la mère, et indirectement celui du bébé via le lait),
- aide au sommeil quand c’est possible,
- apporte des minéraux à la mère.
L’idée, c’est que les propriétés des plantes soutiennent la mère et qu’une partie de ce soutien passe ensuite au bébé via le lait (en particulier pour la digestion, les coliques, le sommeil).
Ramener le feu intérieur : quand on a froid « jusqu’aux os »
Après l’accouchement, la digestion est souvent au ralenti (le fameux « feu digestif » est faible). On se sent lourde, ballonnée, et ce froid intérieur persiste. C’est normal : toute ton énergie est partie ailleurs.
C’est là qu’interviennent les épices réchauffantes. Pas le piment qui brûle l’estomac, mais la chaleur qui enveloppe et relance la machine.
- Pour le frisson post-partum : Si tu as froid « dedans », ou si tu accouches en hiver, La Chaleureuse est comme une bouillotte liquide. Cannelle, Gingembre, Romarin et Écorces de citron travaillent ensemble pour relancer la circulation, soutenir l’immunité et chasser le froid.
- Pour nourrir le gras et la gratitude : Ton cerveau et tes hormones ont besoin de bon gras. Le rituel du Lait d’Or est puissant pour ça. Notre mélange La Reconnaissante (Curcuma, Poivre noir, Gingembre, Cannelle) se boit avec un lait végétal/animal et une pointe d’huile de coco. C’est un pansement gastrique et émotionnel, un anti-inflammatoire naturel pour tes tissus endoloris.
Quand les plantes deviennent des soins : bain de siège & baumes
On oublie souvent que les plantes ne se boivent pas seulement. Elles soignent par la peau.
Ton périnée a été le passage, le portail entre deux mondes. Il est peut-être meurtri, étiré, suturé, gonflé. Il mérite mieux qu’une hygiène vite expédiée.
Gratitude – Bain de siège post‑partum
Gratitude est un mélange de plantes, fleurs et sels pour le bain de siège, tout particulièrement :
- en postnatal,
- en cas d’hémorroïdes,
- de mycoses,
- de congestions, d’irritations,
- ou de simple sensation d’inconfort intime.
Les ingrédients :
- Sel de l’Himalaya & sel d’Epsom :
riches en minéraux, soutiennent la détente musculaire et aident à dégonfler et décongestionner les tissus.
Ils créent une base légèrement antiseptique pour le bain. - Camomille matricaire, lavande & calendula :
trio apaisant par excellence, qui calme les échauffements, adoucit la peau et apporte une sensation de confort sur les zones fragilisées. - Hamamélis & plantain lancéolé :
plantes traditionnellement utilisées pour leurs propriétés astringentes et tonifiantes sur les muqueuses et les petits vaisseaux. - Sauge, romarin, busserole, achillée millefeuille :
choisies pour accompagner la propreté, la vitalité locale et soutenir un environnement sain au niveau du périnée. - Consoude (feuilles) :
historiquement associée au soutien des tissus en cours de réparation.
On l’utilise uniquement en externe, en bain de siège, avec toutes les précautions que je rappelle sur la fiche produit (avis médical en cas de complications, eau plutôt tiède, etc.).
Les baumes : périnée, ventre, seins
Pour compléter ce soutien, plusieurs baumes artisanaux peuvent enlever une couche de souffrance au quotidien :
- La Confiante – Baume périnée & vulve
Baume 100 % naturel pour le massage et le soin de ton périnée et de ta vulve :- apaiser irritations et démangeaisons,
- accompagner la cicatrisation,
- offrir une lubrification naturelle.
Il contient par exemple : - de l’hélichryse (plante anti‑hématomes, circulatoire, cicatrisante, anti‑inflammatoire),
- du millepertuis (propriétés antalgiques, régénérantes cutanées, anti‑inflammatoires, adoucissantes),
- du calendula, de la lavande, du plantain, du forsythia…
C’est une sorte de pansement végétal pour cette porte de vie.
- La Magicienne – Baume anti‑douleurs menstruelles, coliques & tranchées post‑partum
Chantilly florale pour le massage du ventre, formulée pour aider l’utérus dans ses fonctions et apaiser les douleurs utérines (règles, tranchées post‑partum).
On y retrouve notamment :- de la camomille matricaire (propriétés antalgiques, anti‑spasmodiques, apaisantes),
- de l’armoise commune (plante emménagogue, à ne pas utiliser pendant la grossesse),
- de la pâquerette et de la rose pour le tonus et la régénération des tissus,
- une base de beurre de karité et d’huiles végétales très nourrissantes.
Il peut aussi être utilisé, en petite quantité, sur le ventre de bébé en cas de coliques.
- La Nourricière – Baume allaitement & soin des seins
Chantilly florale pour prendre soin des mamelons pendant l’allaitement et pour masser la poitrine :- formule comestible, sans rinçage nécessaire avant la tétée,
- nourrit la peau, favorise la circulation dans le sein,
- apporte apaisement et protection pour les mamelons endoloris ou abîmés.
On y retrouve notamment : hélichryse, lavande, calendula, pâquerette, rose, forsythia, dans une base de karité et d’huiles végétales.
Ces soins ne remplacent pas une rééducation périnéale, ni l’accompagnement d’une consultante en allaitement, ni un suivi médical.
Ils visent à rendre le quotidien moins douloureux, pour que ton système nerveux ait une chose de moins à gérer.
Comment choisir sa tisane post‑partum sans se faire avoir
Le marché du post‑partum est devenu un terrain de jeu pour le capitalisme :
- tisanes “détox minceur après grossesse”,
- poudres miraculeuses,
- compléments hors de prix qui jouent sur ta peur de “ne pas assez bien faire”.
Pour choisir une tisane post‑partum qui respecte ton corps :
-
Vérifie la qualité.
- Plantes entières ou grossièrement coupées,
- couleur encore vive,
- odeur franche,
- origine claire (paysan·ne, région, mode de culture).
-
Lis les précautions.
- Une herboristerie sérieuse te parle des contre‑indications : grossesse, allaitement, traitements en cours, pathologies.
- Si tout est présenté comme “bon pour tout le monde, tout le temps”, méfiance.
-
Méfie‑toi des promesses extrêmes.
- “Ventre plat en 10 jours”, “stop baby blues garanti” : ça, ce n’est pas de la phytothérapie, c’est du mensonge.
- Une tisane peut soutenir, apaiser, accompagner. Elle ne va pas, à elle seule, résoudre une dépression, une hémorragie ou une relation toxique.
-
Regarde qui tu finances.
- Derrière les tisanes industrielles à bas prix, il y a souvent des chaînes d’approvisionnement opaques, des producteurs sous‑payés, des plantes broyées à la chaîne.
- Derrière une herboristerie paysanne, il y a des mains, du temps, des saisons, une terre précise qui nourrit ton infusion.
Choisir une tisane post‑partum paysanne & féministe, ce n’est pas du snobisme.
C’est un choix politique : remettre une partie de ta santé entre tes mains et celles de petit.e.s producteur.ice.s, pas entre celles de multinationales.
Quand une tisane post‑partum ne suffit pas : les signaux d’alerte
Je le répète parce que c’est important :
les tisanes, bains et baumes dont je te parle ici sont des soins de confort, de prévention et de première intention.
Ils ne remplacent jamais :
- un avis médical,
- une prise en charge d’urgence si besoin,
- un accompagnement psychologique quand le sol se dérobe sous tes pieds.
En post‑partum, on consulte en priorité (sage‑femme, médecin, urgences) en cas de :
- fièvre, frissons importants,
- saignements très abondants (qui imbibent plusieurs protections en peu de temps),
- douleurs pelviennes, abdominales ou thoraciques violentes,
- maux de tête intenses, troubles de la vision, œdèmes brusques,
- pertes très malodorantes ou suspectes,
- cicatrice (périnée ou césarienne) qui s’ouvre, suppure, devient très douloureuse,
- tristesse profonde, idées noires, impression de ne plus rien ressentir pour ton bébé ou de vouloir disparaître.
Une tisane ne suffit pas dans ces cas‑là.
Tu as droit à des soins médicaux dignes ET à tes plantes, pas à l’un à la place de l’autre.
Prendre soin de ton post‑partum est un acte politique
Préparer son post-partum, ce n’est pas acheter des gadgets pour que le bébé dorme. C’est anticiper ton propre froid, ton propre vide et ta propre fatigue.
On vit dans un système qui :
- te renvoie très vite chez toi après l’accouchement,
- attend que tu sois productive le plus tôt possible,
- te vend des crèmes anti‑vergetures et des programmes “ventre plat” plutôt que du repos,
- rend invisibles les lochies, les tranchées, les cicatrices et les nuits blanches.
Décider de :
- rester couchée plus longtemps que ce que ce système juge “raisonnable”,
- te faire servir une soupe chaude et une tisane post‑partum pendant que d’autres s’occupent de la vaisselle,
- infuser de l’ortie, de la camomille, de la mélisse,
- plonger ton périnée dans un bain de plantes plutôt que de juste “serrer les dents”,
c’est refuser une partie de la violence qui t’est imposée.
Ce n’est pas à toi de “mieux gérer”.
C’est au système de cesser d’exploiter les mères.
En attendant, on bricole des oasis : des tasses chaudes, des bains de feuilles, des baumes, des laits d’or, des villages improvisés.
Ceci n’est pas de la “médecine alternative”.
C’est la première médecine : celle des plantes, des mains, des femmes et du commun.
Si tu as envie de t’entourer concrètement pendant ton mois d’or, tu peux explorer :
- la rubrique Postnatal de l’herboristerie (La Tisserande, La Sourcière, La Chaleureuse, La Reconnaissante, Gratitude, La Confiante, La Magicienne, La Nourricière…),
- t’abonner à la newsletter pour recevoir, au fil des saisons, d’autres ressources sur le post‑partum, les cycles et les plantes,
- et, quand il sera prêt, mon ebook post‑partum, pensé comme un outil d’émancipation, pas comme une liste de choses à ajouter à sa to-do list.
En attendant, si tu ne retiens qu’une chose de cet article, que ce soit celle‑ci :
Tu n’as pas à traverser tout ça seule, ni les mains vides.
Prends soin de toi, pour de vrai.
Thaïs
—


